Chapitre 7 - La Garde donne..




Après les charges épiques de la cavalerie française et les efforts héroïques de l'infanterie de ligne, Ney réclame de nouvelles troupes à l'empereur afin de poursuivre la mise à mort de l'ennemi.
Le moment est venu, selon lui, de briser la ligne de bataille anglo-hollandaise, sévèrement ébranlée.. "Le centre de la ligne était ouvert, nous étions en péril" rapporte le capitaine Kennedy, aide de camp du Lt. general Alten, commandant la 2e division d'infanterie britannique.

Dissimulés par le brouillard des canonnades précédentes, cinq bataillons de la Moyenne Garde prennent position dans les fonds de la Haie Sainte.

Le factionnaire - grenadier à pied  de la garde impériale par Edouard DETAILLE
- Musée de l'Armée, Paris

Napoléon a accepté de donner au Maréchal cette sublime réserve non sans réticences. Mais que peut-il faire à ce stade du combat ? si ce n'est d'engager sa précieuse Garde car d'une part, il veut agir avant l'arrivée du Ier corps prussien de Ziethen, débouchant déjà de Smohain, d'autre part, il faut profiter de la confusion qui règne dans les lignes anglaises meurtries pour lui porter le coup décisif.

Napoleons Last Grand Attack by Ernest Crofts


Ainsi, les vétérans de la Garde impériale gravissent comme à la parade le plateau de Mont Saint-Jean, ralentis au fur et à mesure, par les tirs implacables des artilleurs anglais ainsi que par l'amoncellement de corps et de cadavres de chevaux au travers de leur parcours.



Malheureusement pour eux, un capitaine de carabiniers français trahit ses camarades et prévient Wellington de l'attaque imminente. Sachant que le Ier corps prussien appuie son aile gauche, le duc dégarnit aussitôt ce secteur pour renforcer ses positions entre les fermes de la Haie Sainte et d'Hougoumont.
Il demande aux brigades Adam et Colin Halkett, ainsi qu'aux Guards de Maitland de réoccuper la crête du plateau qu'elles avaient abandonnées pour ne pas s'exposer aux tirs adverses.
Il les fait soutenir à leur droite par la brigade hanovrienne W. Halkett et la brigade allemande Duplat. L'Ouest de la route de Bruxelles, demeure défendu par les bataillons décimés de Kruse, d'Ompteda et du contingent Brunswickois.