Chapitre 4 - Les charges de la cavalerie française

Devant l'échec du Ier corps de D'Erlon, il devient évident à Ney d'emporter la Haie Sainte, ce rempart sur lequel s'appuie le centre anglais.

Vers 15 heures, sous le bruit du bombardement de la Grande Batterie qui a repris son office, les fantassins de la brigade Quiot renouvellent leurs assauts contre le bastion, provoquant un incendie dans l'étable.

Les boulets roulent dans les lignes anglaises alentours, mutilant les soldats ou semant la mort.

Wellington fait replier ses hommes du front central pour leur éviter de subir cette canonnade, extrêmement violente au dire de certains de ses officiers. Il est vrai que les Britanniques n'ont pas connu les feux d'enfer des grandes batailles tels que ceux de la Moskova, de Leipzig ou de Wagram.

Ney assiste à ce mouvement rétrograde que le départ des fuyards mêlés aux prisonniers accentue. Aveuglé par la fumée ambiante, le maréchal y voit une retraite générale de l'ennemi.

Il commet alors l'erreur historique d'engager la cavalerie française pour parachever ce qui lui parait être une déroute adverse !

Cuirassiers français par Ernest Meissonier

Pour cela, Ney va chercher les régiments de cuirassiers, ces formidables cavaliers sélectionnés pour leur très grandes tailles, bardés de cuirasses et montés sur des chevaux plus robustes que les autres corps. 3 000 chevaux, soit l'ensemble du IVème corps de cavalerie lourde de Milhaud, participe à cette action.

 

Quand Ney s'élance à leur tête, il est bientôt suivi de Lefebvre-Desnoëttes, officier commandant la cavalerie légère de la Garde impériale. Sa division comporte 2 000 cavaliers, répartis en deux brigades, les Chasseurs à cheval du Général Lallemand d'une part, et les Lanciers du Général Colbert-Chabanais, d'autre part.
Détail de la  fresque panoramique  qui se trouve sur le site de Waterloo, peinture de Louis Dumoulin (1912)
Détail du tableau "Charge des 2e et 3e Cuirassiers de Donop" par Mark Churms
C'est maintenant une masse de 5 000 sabres, principalement constituée de cavalerie lourde qui va s'abattre sur l'infanterie anglaise.