La bataille des Quatre-Bras

Pendant que l'Empereur attaque frontalement les Prussiens retranchés dans les villages de Saint-Amand et de Ligny, une partie de l'armée française aux ordres du Maréchal Ney est chargée de prendre le carrefour stratégique des Quatre-Bras afin de séparer les Anglais de leur allié.

Cette première mission remplie, Ney doit bifurquer à droite, sur la route de Nivelles à Namur, afin de frapper Blücher par l'arrière. Il dispose pour cela, de 34 canons, des 20 000 fantassins du 2e corps de Reille, ainsi que des 1 800 cavaliers du général Piré.

 

Il peut également compter sur une brigade de cavalerie lourde, provenant du 3e corps de Kellermann, en plus de la cavalerie légère de la Garde, aux ordres de Lefevre-Desnouëttes.

Le Maréchal Ney, Prince de la Moscowa. Dessin de Meissonnier

Le Maréchal Ney, Prince de la Moscowa. Dessin de Meissonnier.

Contre toute attente, le Maréchal tarde à lancer son offensive alors qu'il n'a contre lui qu'une seule division néerlandaise, celle de Perponcher, soit 7800 hommes et 14 canons. Peut-être pense-t-il avoir toute l'armée de Wellington en face de lui ?

Toujours est-il que Ney donne l'ordre d'attaquer à 14 heures.

Les généraux Bachelu et Foy enlèvent les premières lignes, les fermes de Gémioncourt et de Piermont, puis les abords du bois de Bossu avec l'aide du prince Jérôme, arrivé en renfort.

Une charge des chasseurs et lanciers de Piré appuie cette avancée qui semble irrésistible. Les cavaliers français atteignent le carrefour . Wellington s'échappe et il manque d'être pris !

Quatre Bras (Black Watch at Bay) by William B Wollen

Les écossais "Balck Watch"
au prise avec les lanciers du général Piré.

Les régiments anglais (92e écossais, 44e et 42e de ligne) se forment en carré pour se défendre, les cheveau-Légers français écrasent le 42e, le colonel et le major de ce régiment sont tués .. mais les braves lanciers sont fusillés de tous les côtés et se replient sans donner le temps à l'infanterie d'occuper le terrain.

Mort de McCara (Colonel au Blackwatch à Quatrebras) par Richard Simkin.

Mort de McCara (Colonel au Blackwatch à Quatrebras) par Richard Simkin.

Mais à 15 heures, le duc de Wellington reçoit d'importants renforts : la cavalerie de Van Merlen, la 5e division britannique de Picton et le corps de Brunswick. Plus tard, il reçoit le secours d'Alten, avec lui, la brigade Colin Halkett et celle de Kielmansegge. Le rapport des forces tourne encore plus à l'avantage des Anglais quand la division des Guards arrive à son tour aux Quatre-Bras - 35 000 Anglo-alliés contre 20 000 Français.

Ney qui est refoulé, rappelle à lui le 1er corps de Drouet d'Erlon en mouvement vers Ligny. Ce contre-ordre prive l'Empereur de cette réserve face aux Prussiens. Pire, les soldats de d'Erlon ne réussiront pas non plus à rejoindre à temps les troupes de Ney, dans leur effort d'emporter le carrefour des Quatre-Bras.

Cependant, le Maréchal veut tenter une ultime attaque avec sa cavalerie lourde. Il fit appeler Kellermann : "Mon cher général, il s'agit du salut de la France. Il faut un effort extraordinaire. prenez votre cavalerie, jetez-vous au milieu des Anglais. Ecrasez-les. Passez-leur sur le ventre !" Malgré la faiblesse de leur effectif, les 750 sabres des 8e et 11e cuirassiers, de la brigade Guiton, chargent désespérément les alliés, rompent deux carrés et s'emparent des drapeaux royaux des 69e et 33e de ligne. Après avoir perdu 300 camarades, ils regagent leur ligne. La journée se termine ainsi sans qu'aucune armée ne prennent d'avantage déterminant.

Le général Kellermann, démonté,
parvient à échapper à l'ennemi,
accroché aux selles de deux cuirassiers.

Par Victor HUEN.

Les pertes à la bataille des Quatre-Bras s'évaluent à 4 500 tués, blessés, disparus chez les Français contre 4 800 chez les alliés (dont 2275 Britanniques, 819 Brunswickois et 369 Hanovriens). En tout état de cause, Wellington n'est pas parvenu à se rapprocher de Ligny, pour aider son allié prussien. Dès qu'il apprend la défaite de Blücher, il décide de retraiter à son tour, abandonnant sa position si chèrement défendue.

Le repli de Quatre-Bras, par  E. CROFTS.

Le repli des Quatre-Bras, d'après Ernest Crofts.

Pour autant, la situation de Ney bloqué aux Quatre-Bras et la mauvaise coordination entre l'Empereur et le Maréchal pour obtenir le concours de d'Erlon, font échouer la tentative de manoeuvre d'encerclement de l'armée prussienne, ce qui compromait une victoire décisive à Ligny.